La GLDMS

GRANDE LOGE DES MAÇONS SÉPARÉS 

    Pour leur cinquante ans de vie vulgaire, 3 FF. et une S. imaginent d’organiser une tenue bidon, dans une loge bidon d’une obédience bidon, la GLDMS dont la vocation est de “ramener à la lumière” des maçons radiés de leur obédience.

Leur loge “itinérante” portera le titre distinctif de “Cayenne 43”. Elle sera décorée d’un gros boulet accroché à une chaîne sur lesquels reposera une masse à casser les cailloux.
La tenue -au second degré évidemment- consistera en la présentation de 3 FF. et d’une S. anciens maçons radiés. Après lecture des enquêtes, la loge se prononcera pour ou contre leur réintégration.
Les officiers porteront des masques blancs, les impétrants des cagoules et les visiteurs seront priés de chausser des loups…
Un rituel approprié sera élaboré et chaque acteur de la farce sera tenu de garder son sérieux !

Les 4 compères forment le Collège des officiers avec des FF. et des SS.  d’un orient voisin afin d’éviter qu’on reconnaisse les voix. Des invitations sont diffusées dans les parvis un mois auparavant avec force publicité et mystère entretenu.
Une trentaine de visiteurs se présentent à la tenue dans un petit temple isolé de la banlieue marseillaise. Tous acceptent de porter les loups que leur présente la Maîtresse des cérémonies…

Mais pour connaître en savoir plus, on peut se reporter à l’ouvrage Ab Chaos , roman humoristique, dans lequel est relaté la cérémonie-bouffe par l’un des auteurs du canular.  

Selon la volonté des organisateurs, la tenue ne parviendra pas à son terme. Un gros éclat de rire et des bouteilles de champagne feront cesser la mystification avant que le piège ne laisse de traces désagréables dans la mémoire des visiteurs. Tous n’en sortiront pourtant pas indemnes, mais la plupart en rient encore !

 

Souvenir du rituel d’ouverture à Cayenne 43 (quelle galère !)

La sœur Maître des cérémonies, son masque collé sur le nez, précède une file indienne d’une trentaine de frères et de sœurs, tendus et silencieux, tous affublés d’un loup noir.
Le Vénérable prononce quelques mots de bienvenue et invite les visiteurs à prendre place.
– Ne soyez pas choqués par cette dissimulation dont vous allez bientôt comprendre le sens profond, dit-il, rassurant.
Le Vénérable frappe un premier coup de maillet qui est répété par ses deux surveillants.
– Frère premier Surveillant, êtes-vous franc-maçon ?
– J’ai reçu la lumière.
– Quel âge avez-vous, Frère second Surveillant ?
– Quarante ans plus dix.
– Que signifient ces mots, Frère premier Surveillant ?
– Ils signifient que dix années sont encore nécessaires après la mise en quarantaine avant d’aspirer à retrouver la vraie lumière.
– Qu’est-ce que la mise en quarantaine, Frère second Surveillant ?
– C’est l’éloignement de sa loge, dont peut être affligé tout maçon démissionnaire ou radié.

Le Vénérable demande ensuite au premier Surveillant de s’acquitter de son premier devoir. Ce qui est fait.
“Quel est le second devoir d’un surveillant en loge des Maçons Séparés, Frère premier Surveillant ?
– C’est de s’assurer que tous les maçons ici présents sont disposés à retrouver la lumière.
Le Vénérable frappe un nouveau coup de maillet et ordonne :
– Debout mes Sœurs et mes Frères… et face à l’Occident !
Mouvement hésitant de girouettes qui cherchent le vent…
– Les sœurs et frères présents sur les colonnes sont disposés à retrouver la lumière, Vénérable Maître”, déclare le premier surveillant.
La lumière s’établit progressivement dans le Temple.
– Que nos visages protégés de la lumière violente se tournent vers le soleil levant, déclare le Vénérable. Face à l’Orient, mes sœurs et mes frères !
Un maçon de la Grande Loge des Maçons Séparés doit avoir toujours présent à l’esprit les principes de l’Ordre qui l’a initié. La GLDMS a pour mission de réunir ceux qui, exclus de leur obédience par démission ou par radiation, aspirent à retrouver la lumière en brisant les fers qui les enchaînent à leur galère… A moi mes sœurs et mes frères, par le signe et l’approbation !… Faîtes comme moi !”
Le Vénérable lève les bras, poings joints vers le ciel. D’un geste brusque il fait mine de briser ses liens et ramène lentement ses bras à l’horizontale, paumes des mains vers le haut.
Et ensemble, toujours par imitation, tous poussent un soupir d’extase, ou plutôt une sorte de râle : AAAhhh…!
– Prenez Place mes Sœurs et mes Frères…